Jacques Halbert

« I love banana », Jacques Halbert, 2006, photo Sandra Daveau

Actualités / Events

La vue dans les lunettes

Du 15 novembre au 15 décembre 2019 Vernissage le vendredi 15 novembre 19h
Beaumard Optique, 30 rue du Portail Louis, Saumur, 49

C’est dans les vitrines de galeries, encadreurs et autres magasins qu’enfant puis adolescent j’ai découvert l’art (avant les livres); elles m’ont toujours attiré comme un aimant et c’est toujours vrai.
Quand Yoann Nielz, mon nouveau lunetier Saumurois m’a proposé d’occuper la sienne à Beaumard Optique, j’ai immédiatement accepté. Ni lui ni moi n’avions aucune idée de ce qui en résulterait. Je me suis rapidement souvenu avoir peint sur des lunettes en 1984 à New York pour mon vernissage à la galerie Gracie Mansion dans le East Village. 
Yoann, que je ne connaissais que depuis deux heures, me donna un sac plein de lunettes et nous partîmes sur l’idée que j’allais les peindre et les placer sur ses rayonnages parmi les montures de luxe. L’installation dans la vitrine a suivi avec des pinceaux peints et un hommage à Ben Vautier plein d’humour.
Dédiée à Raymond Roussel dont la lecture de « LA VUE » m’enchanta, cette installation fait également référence à mon ami Jean Dupuy qui avait montré une pièce intitulée « La vue dans la lunette » à la galerie Riedel à Paris au début des années 80. Cabinet de lecture s’il en fut, ahah, ohoh!!!! 

Toucher un large public de passants, avertis ou non, en sortant du cadre de l’exposition en galerie, musée ou centre d’art m’intéresse. J’avais fait, avec succès, une première expérience à Sète en 2007 dans une vingtaine de magasins ou j’avais placé des toiles lors de mon intervention au MIAM.
J’étudierai toute proposition de réitérer l’expérience dans des vitrines de boulangerie, charcuterie ou autres marchands de parapluies, à la seule condition d’avoir carte blanche.

Jacques Halbert

La mort ma bite, à Pierre Giquel

Exposition à la galerie l’Oeil Histrion à Caen jusqu’au 16 novembre 2019 – 3 rue Saint-Michel 14000 Caen www.oeilhistrion.com

Photographies Nicolas Bruant


Vanités cherry, si la mort se faisait la cerise par Frédéric Emprou

Depuis la fin des années 70, traversant notamment Fluxus ou le Eat Art, n’ayant eu de cesse de cultiver le mauvais esprit, « l’oeuvre plastique de Jacques Halbert s’est réduit quasi-exclusivement et invariablement à appliquer une ou plusieurs cerises sur une toile monochrome », selon la définition de Wikipédia. Au jeu des boucles temporelles, l’histoire retiendra que c’est aussi à la fin des années 70, à Caen, que Jacques Halbert inaugura la galerie de Joël Hubaut Mixage, dont il fut le premier artiste invité. En guise de retour sur les lieux, l’exposition « La mort la bite », rassemble pour la première fois, une série de peintures entamée il y a deux ans par l’artiste. Horizon sensuel, gourmand et plastique, si le motif de la cerise s’est toujours décliné comme autant de saisins en peinture chez Jacques Halbert, placé sous le signe de la vanité, sa signature participe ici de la variation sur le même thème. Crânes, squelettes, circulant en creux et par silhouettes, représentations et effigies de la mort donnent à voir une séquence inédite dans le traitement pictural de la célèbre figure, « La mort ma bite » proposant une version mâtiné de gravité ou teinté de mélancolie de la petite icône rouge, devenue noire.

Iconoclaste et carnavalesque, reprenant le code classique, à travers ce « Mémento mori » fruitier et coloré, c’est bien la marque et la projection d’un sentiment intime de l’artiste qui trouvent ses échos sur la toile. Sur fond d’angoisses collectives de début de XXIème siècle, de questionnement sur la finitude du monde et autres problématiques naturelles et climatiques, jacques Halbert interroge la sensation diffuse de cette omniprésence dans les différentes strates d’un réel contemporain.

A l’instar de l’interrogation existentielle, se dessinent, en filigrane, reliefs et surimpressions sur éclats laqués et brillants d’une peinture nappée et glacée comme une pâtisserie. Présentant ombres et contours équivoques en arrières fonds, à la fois fantasmatiques et subliminales, les cerises jouent du trompe l’oeil, agencent des effets miroirs dans la composition, les toiles déployant ce jeu d’une intégration dans le cadre du spectateur qui les regarde. Derrière le pied de nez du titre de l’exposition, de même qu’aux thématiques traditionnelles de l’iconographie, aux mythes d’Eros et Thanatos, Jacques Halbert propose autant d’hommages déviants et de clins d’oeil à différents moments d’une histoire de l’art qui amalgamerait les noms de Pollock, Ryman, Soulages ou Malévitch… Mimant la geste abstraite ou suprématiste de la même façon que la référence aux Incohérents, à Alphonse Allais et ses peintures « monochroïdes », celui qui intitula plaisamment une exposition « How to fuck a monochrome », orchestre résonances et surfaces réfléchissantes selon des rencontres tapageuses.

Entrée en matière dans les trajectoires de l’oeuvre, on pensera à ces mots de Pierre Giquel, ami et proche commentateur de l’artiste, qui décrivent le caractère intempestif du travail, à la manière de l’attitude mordante : « on jure avec son époque. Avec des titres que l’on croît inoffensifs Souple rose, Souple bleue, la délectation n’est pas fugitive… ». Entre textures et littéralités, motifs et jeux de mots, sur le mode du kaléidoscope chromatique, l’exposition « La mort ma bite », organise un tête à tête prismatique et irrévérencieux entre la toile, l’artiste et le spectateur. Car si selon la formule consacrée à Francis Picabia, « la mort est le prolongement d’un rêve factice, la vie n’étant pas vérifiable », les toiles de Jacques Halbert font miroiter ce curieux mirage : un reflet trouble auxquels les cerises de l’artiste donnerait un goût frondeur, un songe mêlé à la tonitruance d’un rire, et qui viendrait comme une dédicace de chez les vivants.


FIAC 2019 « Cherry Pope » & FIAC 1976

Photos « Cherry pope » Marie Caroline Chaudruc

AGENDA

++++ « La vie est un film », Ben et ses invités au 109 à Nice. From june 15 to october 19, 2019. Adress le 109 – 89 route de Turin 06300 Nice From tuesday to saturday from 1 am to 7 am

++++ « Living Cube #3 » in Orléans. From october 26 to november 10, 2019. Visits by appointment wednesdays, saturdays and sundays from 2 am to 6 am. Contact livingcubeexhibition@gmail.com By Elodie Bernard.

++++ « Exposition » in Saumur, Beaumard Optique From november 15, 2019 From tuesday to saturday from 9.00 pm to 7.00 am. 28 rue du Portail Louis 49400 Saumur

++++ I dit it me E-busway in Nantes, Le Voyage à Nantes, in december 2019.

++++ « raconter le coeur » au musée de la vie romantique à Paris, in february 2019.

SHORT RESUME

Jacques Halbert is born in Bourgueil in 1955, in the Tours area of France. He lives and works in Candes Saint Martin in the Loire Valley.

Jacques Halbert painted his first cherry in 1975. This subject has strongly informed his prolific work, either as a repeated motif or a randomly placed against the blue surface of his paintings.
The image of the cherry, to which he lays artistic claim, was to lead the artist into painting as performance art, from France to the US, participating in the Fluxus movement as well as eat Art. Despite exploring so many creative paths in such a variety of mediums, Halbert remains profoundly attached to painting. He also visits other culinary subjects such as peas, potatoes or gratinated paintings, but the cherry is the single image which has continuously endured throughout his fourty-year career.

Jacques Halbert peint sa première cerise en 1975. Dès lors, ce sujet gourmand ne cessera plus de nourrir son oeuvre prolifique, animant selon des rythmes réguliers ou des compositions aléatoires la surface bleue de ses toiles.
Le motif de la cerise, revendiquée comme position artistique, mena l’artiste de la peinture à la performance, de la France aux États-Unis, lui faisant partager l’aventure de Fluxus, les expériences du Eat Art. Cependant, toutes les voies explorées et les différents mediums utilisés n’ont jamais pu détrôner l’attachement profond de l’artiste à la peinture. De même, s’il se dirige régulièrement vers d’autres sujets tout aussi culinaires (petits pois, pommes de terre ou peintures gratinées), la cerise est le seul motif qui traverse de façon continue son travail sur ces quarante dernières années.

Photo Jacques Halbert, Galerie Cerise, 1977. Photo Henri Jobbé-Duval

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2 lieu dit zone artisanale
37500 Candes Saint Martin
France

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